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Les orientations sexuelles

  • Photo du rédacteur: Jean-Luc Morcello
    Jean-Luc Morcello
  • 28 janv.
  • 15 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours



Dans un monde où les normes sociales évoluent à vitesse « grand V », la compréhension des orientations sexuelles est importante pour une société qui se veut inclusive. Pourtant, malgré les progrès incontestables de ces dernières années, certaines idées reçues et préjugés persistent (souvent par méconnaissance).

 

L’orientation sexuelle ne se limite pas à une simple « préférence » : elle est une composante essentielle de l’identité, façonnée par des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.

 

En tant que sexologue, mon rôle est d’accompagner chacun·e dans la compréhension de soi et de l’autre, en soulignant que la sexualité humaine est complexe, fluide et profondément personnelle. Explorer les différentes orientations sexuelles ne consiste pas seulement à les nommer, mais à les comprendre et à les accepter, sans jugement.

 

Mon objectif ici est de vous guider à travers les différentes facettes de la sexualité humaine, en mettant en lumière la richesse de cette diversité.

 

Cet article vise à explorer les principales orientations sexuelles.

Mais avant de parler d’orientation·s, il faut d’abord parler d’identité·s 😊 

 

Les identités sexuelles

 

L’identité sexuelle d’un individu est définie par 4 facteurs :

 

  • Son sexe biologique (celui avec lequel on naît) ;

  • Son identité de genre (si dans sa tête on se sent homme ou femme) ;

  • Son expression de genre (la manière dont on manifeste notre genre : par nos actions, notre manière de nous habiller ou de parler, nos attitudes, etc) ;

  • Son orientation sexuelle (la façon dont on se sent attiré·e par d’autres personnes de manière sexuelle, romantique ou autre).

 

Pour la grande majorité de la population, l’identité de genre correspond au sexe de naissance : je suis né(e) avec un sexe de garçon (fille) et dans ma tête je me sens homme (femme) : on est dit « cisgenre ».

Mais il arrive que cela ne corresponde pas : j’ai un sexe d'homme alors que dans ma tête je me sens femme (ou vice-versa) : c'est la « dysphorie de genre ».


Les personnes qui choisissent de changer d’identité de genre sont appelées « transgenres » : par exemple une femme transgenre est une personne née garçon qui choisit à un moment donné de sa vie, de devenir la femme qu'il ressent être, et de vivre en tant que telle, par traitement hormonal, parfois

chirurgical mais ce n’est pas obligatoire.


Une personne qui change de sexe grâce à la chirurgie est dite « transexuelle ».

 

Qu’est-ce qu’une orientation sexuelle ?

 

L’orientation sexuelle désigne une attraction envers certaines personnes. Elle est distincte de l’identité de genre (le fait de se sentir homme·femme) et de l’expression de genre (la manière dont on exprime son genre).

 

Il existe 3 types d’attraction :

  • Attraction émotionnelle : le désir de créer des liens profonds avec une personne ;

  • Attraction romantique : le souhait de vivre une relation amoureuse ;

  • Attraction sexuelle : le désir physique ou sexuel.

Ces dimensions peuvent s’aligner ou diverger, ce qui explique la complexité des expériences individuelles.

 

➢ L’orientation peut évoluer avec le temps. On dit qu'elle est "fluide". Par exemple : une femme hétérosexuelle qui découvre une attraction pour les femmes à 40 ans.

 

Quand se définit l’orientation sexuelle ?

 

Le chercheur généticien et psychologue Michael Bailey estime que les premières attractions ou comportements liés à l’orientation sexuelle peuvent se manifester très tôt, parfois dès la petite enfance, sous forme d’attirances ou de préférences non verbalisées.

D’après lui, les facteurs sociaux (comme l’éducation ou l’environnement familial) ne détermineraient pas l’orientation sexuelle : ce seraient les causes biologiques (génétiques, hormonales) qui joueraient un rôle prépondérant.

 

Jacques Balthazart, chercheur en neuroendocrinologie du comportement, suggère que l’orientation sexuelle est « fermement établie » dès l’enfance, indépendamment de l’éducation, et qu’elle serait influencée par des mécanismes hormonaux et génétiques dès la période prénatale.

 

Certaines études vont plus loin : certaines suggèrent que l’orientation sexuelle pourrait être influencée par des modifications génétiques in utero (Université de Cambridge 2024).

Des études en neurosciences montreraient que le cerveau des hommes gays réagirait différemment aux phéromones que celui des hommes hétéros (Revue scientifique Nature 2023).

➢ Bien sûr je mets les verbes au conditionnel, chaque étude n’étant qu’une piste à explorer, non définitive, à confirmer ou infirmer par d'autres études.

 

➢ Quoi qu’il en soit, c’est souvent pendant la puberté et l’adolescence que les individus prennent conscience de leur orientation sexuelle. Les attractions émotionnelles, romantiques ou sexuelles deviennent plus claires.

 

Pour certaines personnes, l’orientation est stable toute la vie. Pour d’autres, elle peut être fluide, surtout au cours de l’adolescence ou du début de l’âge adulte. D’autres encore mettent des années, parfois jusqu’à l’âge adulte, à se reconnaître dans une orientation donnée - c’est tout à fait normal.

 

Les principales orientations sexuelles


Traditionnellement, nous avons pensé l’orientation sexuelle en termes binaires : hétérosexuel ou homosexuel. Mais la réalité est beaucoup plus nuancée : l’hétérosexualité et l’homosexualité représentent des points sur un spectre beaucoup plus large qui inclut la bisexualité, la pansexualité, l’asexualité, et d’autres formes d’attirances moins connues.

 

Dans tous les cas votre orientation ne vous réduit pas à une seule dimension. Elle est une partie de qui vous êtes, mais vous êtes bien plus que cela : vos valeurs, vos passions, vos relations, etc…

L’important est de vivre en accord avec ce que vous ressentez sans vous laisser enfermer par des étiquettes si elles ne vous conviennent pas.

 

  • L’hétérosexualité

C’est l’attraction envers des personnes d’un genre différent du sien.


  • LGBTQIA+

L'acronyme LGBT a progressivement évolué vers LGBTQIA+ et désigne des personnes dont l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre diffèrent de la majorité.

Il signifie : Lesbiennes, Gays, Bisexuel·les, Transgenres, Queers, Intersexes, Asexuel·les, et le + inclut d’autres identités et orientations.


Cette communauté promeut la diversité, le respect et l’égalité des droits, en reconnaissant que chacun·e est libre d’être soi-même et d’aimer qui il ou elle souhaite.



Créé en 1978 par Gilbert Baker, le drapeau arc en ciel comportait initialement 8 bandes. Cette version à 6 bandes désormais utilisée date de 1979.

Le rouge signifie la vie / L'orange la guérison / Le jaune la lumière du soleil / Le vert la nature / Le bleu l'harmonie / Le violet l'esprit.


  • L’homosexualité


C’est l’attraction envers des personnes du même genre.

En France, 6,5 % des 18-24 ans s’identifient comme gay ou lesbienne (enquête IFOP 2023). Les parcours de coming out varient selon les cultures et les milieux sociaux.

Tout à l’heure je parlais des personnes transgenres :

par exemple, une personne transgenre peut s’identifier comme homme tout en étant homosexuelle.


Malgré les avancées légales (mariage pour tous, adoption), les personnes homosexuelles peuvent encore faire face à des discriminations.

L’homosexualité n’est plus classée comme trouble mental depuis 1990 (OMS).

 

  • La bisexualité






C’est l’attraction envers des personnes de deux genres ou plus, sans forcément signifier une attirance égale envers tous les genres, ni une phase transitoire.


Chaque expérience bisexuelle est unique.

12 % des Français·es déclarent avoir eu une attraction bisexuelle (Baromètre LGBT+ 2025).


  • Queer


Un terme assez généraliste pour désigner des personnes dont l’orientation ou l’identité de genre ne correspond pas aux traditionnelles.


  • La pansexualité

C'est l'attraction envers une personne indépendamment de son genre. La pansexualité met l’accent sur la connexion humaine plutôt que l’identité de genre. C’est de la personne elle-même dont on tombe amoureux·se, pas de son genre.

 

  • L’asexualité


C'est l’absence ou la faible attraction sexuelle envers les autres.

Les personnes asexuelles (ou aces) peuvent ressentir de l’attraction romantique ou émotionnelle, mais pas de désir sexuel.

Certaines personnes sont gray-asexuelles (attirance sexuelle rare).

 

  • Le non binaire


Une personne non-binaire est une personne dont l’identité de genre ne correspond pas strictement aux catégories « homme » ou « femme », englobant diverses expressions et identités de genre au-delà du binaire traditionnel.

 

Autres orientations moins connues

 

  • Polyamour : c’est la capacité à aimer plusieurs personnes simultanément, avec le consentement de tous les partenaires qui doivent être informés de la situation ;

  • Autosexualité : c’est l’attraction envers soi-même, souvent liée à une forte estime de soi ou à des pratiques d’auto-érotisme ;

  • Démisexualité : attraction sexuelle seulement après un lien émotionnel fort et profond ;

  • Intersexe : une personne intersexe est née avec des caractéristiques sexuelles (chromosomes, testicules et ovaires, organes génitaux) qui ne correspondent pas aux modèles typiques du sexe masculin ou féminin.

 

Plusieurs autres orientations existent. Sentez-vous libres de les rechercher sur internet si vous le souhaitez.

 

Pourquoi cette exploration est importante ?

 

Comprendre les orientations sexuelles est essentiel pour plusieurs raisons : d’abord, cela aide à réduire les stéréotypes et les discriminations. Les personnes peuvent faire face à des préjugés, ce qui impacte leur estime de soi et leur santé mentale.

 

Ensuite, reconnaître la diversité permet de mieux communiquer dans les relations et de créer des liens authentiques.

 

Enfin, cela favorise l’acceptation de soi : savoir que son orientation est naturelle et valide, quel que soit le nom qu’on lui donne, est fondamental pour le bien-être.

 


Quelques idées reçues

 

« L’orientation sexuelle est un choix » → faux : les recherches en neurosciences et en psychologie montrent que l’orientation sexuelle est innée et ne peut être modifiée par la volonté. D’ailleurs à ce sujet, tous les programmes de « rééducation » (on parle de « thérapie de conversion ») qui ont existé dans un passé où l’homosexualité n’était pas encore acceptée, ont été des échecs.

 

« La bisexualité est une phase » → erreur. La bisexualité est une orientation valide et durable, même si certaines personnes peuvent mettre du temps à l’assumer.

 

« Les personnes asexuelles n’ont pas de relations » → c’est vite dit : elles peuvent vivre des relations romantiques ou platoniques, sans dimension sexuelle.

 

Les « normes » sociales et culturelles hétéronormatives (= qui considèrent l’hétérosexualité comme la seule « norme ») et le manque de représentation médiatique des minorités sexuelles alimentent ces préjugés.

L’éducation et la visibilité sont essentielles pour les combattre.

 

Comment soutenir la diversité sexuelle ?


Dans notre société qui accepte de plus en plus les diverses orientations sexuelles, se voulant plus « inclusive » et où il faut reconnaitre que les progrès sont réels, il n’en demeure pas moins que beaucoup restent encore à faire.

La discrimination existe toujours et peut entrainer de graves conséquences.

 

À titre d’exemple, je peux citer une étude de Santé Publique France (2024) montrant que les personnes LGBTQIA+ ont 3 fois plus de risques de souffrir de dépression.

Les causes sont : rejet familial ou social, internalisation de l’homophobie (« Je me déteste parce que je suis gay »), difficultés à trouver des modèles positifs.

40 % des jeunes LGBTQ+ ont déjà envisagé le suicide (enquête Le Refuge 2025).

Les personnes bisexuelles ont moins de soutien que les gays/lesbiennes (étude INED 2024).

En Suède, où l’homosexualité est normalisée, seulement 3 % des jeunes déclarent une détresse liée à leur orientation (versus 20 % en France).

 

De manière générale, c’est valable pour toute orientation sexuelle : vivre une discrimination ou ne pas se sentir accepté·e peut entrainer l’évitement des relations par peur du jugement, l’addiction (sexe, drogues) pour « anesthésier » la honte, ou des symptômes anxieux liés à la dissimulation de son orientation, et dans le pire des cas une tentative de suicide.

 

En tant qu’individu :

  • Écouter sans jugement : laisser les personnes s’exprimer sur leur orientation ;

  • Utiliser un langage inclusif ;

  • Se former : lire des ouvrages dont on a d’abord vérifié le sérieux, suivre des formations ou consulter des ressources fiables.

 

En tant que parent ou éducateur :

  • Créer un environnement sécurisant : permettre aux jeunes de poser des questions sans crainte, les écouter, les informer, les protéger ;

  • Aborder la diversité en classe : intégrer des discussions sur les orientations sexuelles dans les programmes scolaires (par exemple EVARS, mais ne pas se reposer que sur lui ! 😊) ;

  • Proposer des jeux inclusifs permettant d’aborder de manière ludique des notions fondamentales telles que la discrimination, le consentement, l’estime de soi, la sexualité, etc…

 

En tant que sexologue ou thérapeute :

  • Écouter sans juger ;

  • Se tenir informé·e avec des données actualisées : par exemple, connaître les spécificités des personnes LGBTQIA+ (par exemple, les besoins en santé mentale), ou celles des personnes transgenres ;

  • Normaliser la diversité : d’abord pour rassurer la personne, qu’elle ne se sente pas exclue dans le sanctuaire du cabinet. La mettre dans des conditions sécures pour qu’elle puisse s’exprimer librement. Il y a un double intérêt à cela : psychologique et thérapeutique. Ça passe d’abord par de l’information, puis de l’aide ;

  • Si nécessaire : travailler sur l’auto-acceptation (par exemple : « écrivez une lettre à votre orientation sexuelle, comme à une amie » ) ;

  • Orienter vers un spécialiste si le·la patient·e exprime une détresse intense liée à son orientation, en cas de conflit familial ou religieux majeur ; pour les personnes transgenres : collaborer avec un·e endocrinologue.


 

Comment aider un·e ado en questionnement sur son orientation sexuelle ? 

 

→ Un moment délicat, mais normal.

 

L’adolescence est une période de profonds bouleversements et de découvertes, y compris sur le plan de l’identité et de l’orientation sexuelle.

Le corps change, les émotions s’intensifient et les questions identitaires prennent une place centrale. Il est donc tout à fait normal qu’un·e ado se questionne sur son identité, ses attirances, ses valeurs ou sa place dans le monde.

 

Si votre ado vous exprime des doutes ou des questionnements, c’est qu’il·elle a confiance en vous → il s’agit avant tout de maintenir cet espace de confiance :

 

La première clé est l’écoute.

Aider un·e adolescent·e en questionnement commence par une écoute sincère et sans jugement. Il ne s’agit pas de chercher immédiatement des réponses ou des solutions, mais de lui offrir un espace sécurisé où il ou elle peut s’exprimer librement.

 

Écouter sans interpréter, respecter son rythme sans brusquer (certaines personnes savent tôt, d’autres ont besoin de temps), rassurer (« Ce que tu ressens est normal, beaucoup de gens passent par des questionnements similaires » ; « Ton orientation ne change pas qui tu es en tant que personne »).

Chaque individu étant unique, il serait contre-productif de comparer (inutile de dire par exemple « Moi, à ton âge, je savais déjà »).

 

Certain·es ont besoin de parler beaucoup, d’autres préfèrent le silence ou l’écriture. Il est important de respecter ces différences et d’éviter toute pression pour « se définir » rapidement. Le doute fait partie du processus de construction identitaire et n’est pas un signe de confusion problématique.

 

Rappeler que se poser des questions est une étape saine et fréquente qui aide à réduire l’anxiété.

Lire des ressources fiables, partager des témoignages ou évoquer la diversité des parcours peut aider l’adolescent·e à se sentir moins seul·e et plus légitime dans ce qu’il ou elle traverse.

 

Sécurisez votre ado en lui disant qu’il·elle n’est pas obligé·e de faire son coming out s’il·elle ne se sent pas en sécurité. On peut aussi l’encourager à trouver des alliés (profs, ami·es de confiance).

 

Si votre ado montre des signes de détresse (repli sur soi, anxiété, isolement, baisse des résultats scolaires), il est bénéfique de lui proposer de rencontrer un·e sexologue ou un·e psychologue spécialisé·e.

 

Mon·ma partenaire vient de faire son coming out, comment réagir ? 

 

→ Une révélation qui change la donne…

 

Accueillir la nouvelle peut être difficile et déstabilisant.

Cela peut provoquer un véritable tourbillon d’émotions : surprise, incompréhension, tristesse, peur ou même soulagement peuvent se mêler.

→ La première chose à faire est de gérer ses émotions.

 

Quelle que soit votre réaction initiale, il est important de se rappeler qu’elle est légitime. Ce moment marque souvent une étape importante, à la fois pour la personne qui se dévoile et pour la relation.

 

Vous avez le droit d’être bouleversé·e. Le coming out de votre partenaire peut remettre en question des projets, des repères ou l’image que vous aviez de votre couple.

Donnez-vous le droit de ressentir ce que vous ressentez, sans culpabilité.

Il est souvent utile de prendre un temps de recul avant de tirer des conclusions hâtives.

 

Une fois la surprise passée il est bienveillant de le·la remercier (« Merci de me faire assez confiance pour me le dire ») → cela valide son courage et renforce votre lien.

 

Il n’est pas du tout facile de faire son coming out, cela demande courage, la personne y a réfléchit de longues semaines ou années, pesé le pour et le contre, puis finalement ose.

Tout ce qu’elle attend c’est du soutien : exprimez-lui (« Je suis là pour toi »).

 

Lorsque l’émotion retombe, le dialogue est essentiel : posez des questions, exprimez vos ressentis et vos besoins, sans accusation.

Une communication honnête permet d’éviter les malentendus et de clarifier la situation.

 

Se rappeler que tout ne s’efface pas !

Le coming out ne signifie pas que la relation passée était fausse ou mensongère.

Les sentiments vécus étaient réels et rien ni personne ne pourra vous les enlever.

Il peut s’agir d’une prise de conscience progressive plutôt que d’un secret volontairement caché.

Cette nuance est importante pour éviter de transformer la douleur en rancœur.

 

Vous pouvez légitimement vous sentir démuni·e face au coming out de votre partenaire.

Involontairement, sans mauvaise intention, on peut avoir des mots qui peuvent être ressentis comme blessants sans que ce soit votre but.

Par exemple « T’es sûr·e ? » sous-entend un doute sur son identité. « Comment je vais le dire à ma famille ? » montre que l’on est centré sur soi, pas sur lui·elle.

 

Votre partenaire a peut-être mis des années à assumer cette vérité. Une réaction négative pourrait le·la faire culpabiliser ou regretter sa confidence.

« Tu m’as menti pendant des années », c’est lui faire porter la culpabilité de vos émotions.

 

Vous pouvez lui laisser de l’espace pour en parler, c’est souvent très difficile pour lui·elle.

Poser des questions ouvertes est un bon moyen. Mais n’attendez pas forcément de réponse immédiate : certaines personnes ont besoin de temps. Ce n’est pas forcément facile pour elles.

 

Après, il est important de prendre soin de vous. De prendre du temps pour vous. Vous pouvez par exemple en parler à un·e ami·e de confiance ou à un·e professionnel·le (sexologue, thérapeute).

Évitez de prendre des décisions hâtives : une révélation ne signifie pas forcément la fin de votre couple. Discutez-en ensemble une fois que vous aurez digéré la nouvelle.

 

Cette révélation amène à des questions sur l’avenir de votre couple :

  • Si vous souhaitez continuer la relation : explorez de nouvelles dynamiques : certains couples restent ensemble en ouvrant leur relation (polyamour, relations non-exclusives), d’autres choisissent de se séparer en bons termes.

Consultez un·e sexologue : un accompagnement peut aider à redéfinir vos attentes et vos limites.

  • Si vous décidez de vous séparer : faites-le avec respect. « Notre relation ne peut pas continuer, mais je respecte ton parcours ».

Évitez les reproches : « Tu as gâché ma vie » ou « Tu es égoïste » ne feront qu’aggraver la souffrance des deux côtés.

Certains couples choisissent de se réinventer, d’autres de se séparer, parfois dans la douleur, parfois dans le respect.

L’essentiel est que chacun se sente entendu et respecté.

Un accompagnement par un·e professionnel·le (thérapeute de couple, sexologue) peut aider à traverser cette période de transition.

 

Je suis en couple hétéro mais attiré·e par le même sexe : que faire ?

 

Vous êtes en couple avec une personne de sexe opposé, mais vous ressentez une attirance – émotionnelle, romantique ou sexuelle – pour des personnes du même sexe.

Cette situation, bien que déstabilisante, est plus courante qu’il n’y paraît : selon une étude de l’IFOP (2024), 15 % des Français·es déclarent avoir ressenti une attirance pour le même sexe à un moment de leur vie, sans pour autant se définir comme homosexuel·le·s ou bisexuel·le·s.

 

Comprenez que l’attirance n’annule pas l’engagement.

Ressentir une attirance ne signifie pas automatiquement vouloir agir ou remettre en cause son couple. Les désirs et les fantasmes font partie de la vie humaine, même en relation stable. Cette attirance peut être ponctuelle, durable, ou révéler une facette de soi jusque-là inexplorée, sans invalider les sentiments pour son ou sa partenaire.

 

Évitez la culpabilité excessive.

Se juger ou se reprocher ses ressentis ne fait qu’augmenter la souffrance. Les orientations sexuelles peuvent être fluides et évoluer au fil du temps. Vous n’avez « rien fait de mal » en ressentant ce que vous ressentez. L’enjeu n’est pas de supprimer l’attirance, mais de décider comment y répondre de manière respectueuse pour vous-même et pour votre couple.

 

Prenez le temps de comprendre ce que vous ressentez et d’identifier la nature de votre attirance : est-elle émotionnelle ? (envie de tendresse, de complicité), est-elle romantique ? (désir de relation amoureuse), est-elle sexuelle ? (fantasmes, désir physique).

Ou un mélange des trois ?

Par exemple, vous pouvez noter vos ressentis dans un journal intime pendant quelques semaines : cela vous aidera à y voir plus clair et à distinguer une curiosité passagère d’une attirance profonde.

 

Évitez de minimiser vos émotions (« C’est juste passager ») et de dramatiser (« Ma vie est un mensonge »).

 

  • Si vous choisissez d’en parler à votre partenaire, privilégiez un moment calme.

« J’ai quelque chose d’important à partager avec toi. Ça ne remet pas en cause mon amour pour toi, mais j’ai besoin de ton écoute bienveillante ».

Soyez honnête, mais rassurant·e : « Je ressens une attirance pour des personnes du même sexe, et j’ai besoin de comprendre ce que ça signifie pour moi (et pour nous) ».

Attention : ne révélez pas cette attirance uniquement pour soulager votre propre malaise… Réfléchissez d’abord à ce que vous attendez de cette discussion…

 

  • Si vous préférez garder ça pour vous (pour l’instant) : c’est votre droit.

Mais évitez le secret si cela génère de la culpabilité ou de la distance dans votre couple.

 

Il est normal de ressentir de la culpabilité (« Je trompe mon·ma partenaire en y pensant »), de la peur (« Et si je devais tout quitter ? »), de la confusion (« Suis-je vraiment bisexuel·le ? Gay ? Hétéro ? »).

Pour y faire face : rappelez-vous : une attirance ne définit pas toute votre identité.

Vous pouvez aimer votre partenaire et explorer cette nouvelle facette de vous-même.

Parlez-en à un·e professionnel·le : un·e sexologue peut vous aider à démêler vos émotions sans jugement.

 

➢ Il n’y a pas de « bonne » solution universelle. L’important est de respecter vos besoins et ceux de votre partenaire, sans précipitation.

 

Quand consulter un·e sexologue ?

Si vous ressentez une détresse (anxiété, insomnies, dépression), une incapacité à prendre une décision ou un conflit avec votre partenaire.

Je peux vous aider à : clarifier vos sentiments, communiquer avec votre partenaire et explorer des solutions adaptées à votre couple.

 

Je le répète : votre orientation ne vous réduit pas à une seule dimension. Elle est une partie de qui vous êtes, mais vous êtes bien plus que cela : vos valeurs, vos passions, vos relations, etc. L’important est de vivre en accord avec ce que vous ressentez, sans vous laisser enfermer par des étiquettes si elles ne vous conviennent pas.


 

Vers une société plus inclusive

 

Explorer les différentes orientations sexuelles, c’est avant tout reconnaître la richesse et la complexité de la sexualité humaine. C’est un processus d’ouverture, d’acceptation et de respect, qui nous permet de construire des relations plus saines, plus authentiques et plus épanouissantes.

 

En tant que société, célébrer cette diversité nous rend collectivement plus tolérants et empathiques. En tant qu’individu, cela nous rend plus sereins et alignés avec notre propre identité.

 

Explorer les orientations sexuelles, ce n’est pas seulement un exercice intellectuel : c’est un acte de tolérance, de respect et d’acceptation.

Chaque orientation a sa légitimité, chaque parcours est unique.

Plus nous comprenons et célébrons cette diversité, plus nous créons un monde où chacun peut vivre sa sexualité librement et sereinement.

 

En somme, connaître et explorer les différentes orientations sexuelles enrichit notre vision du monde, de la sexualité et des relations. C’est une invitation à l’ouverture, à l’écoute et à la bienveillance envers soi-même et les autres.

 

En général je n’aime pas beaucoup employer le mot « norme », je m’en méfie, j’ai du mal à lui trouver une place dans les sciences humaines.

Si je devais le faire ici, ce serait pour dire que :

 

La seule norme : c’est la diversité.

 

Dans ma pratique de sexologue, il m’arrive parfois de rencontrer des personnes en quête de compréhension et d’acceptation. Mon message est simple : votre orientation est valide, et vous méritez d’être écouté·e et respecté·e.



Jean-Luc Morcello


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